

DES CHERCHEURS QUE NOUS SOUTENONS
Avril
2010- Les dernières informations reçues sur les travaux actuels des équipes des Professeurs
1- Patrick Decherchi
(2ème en partant de la gauche)

- Effets de différents traitements
pharmacologiques. Tests de plusieurs
molécules. Certaines semblent avoir des effets intéressants.
- Effets de la Vitamine D. Cette vitamine a un effet bénéfique dans le système
nerveux central endommagé. Il faut déterminer à quelle dose cette molécule doit
être utilisée pour obtenir un effet maximal mais aussi comment associer cette
molécule avec d'autres molécules ayant également un potentiel Réflexion à la
mise en place d'essais cliniques.
2- François Féron
I. L'essai clinique australien est
clos et a donné lieu à une publication en 2008 décrivant :
a) l'innocuité de la procédure de greffe
b) le bénéfice thérapeutique
observé chez l'un des trois patients greffés.
Cela nous a encouragé à poursuivre
dans cette voie. Nous avons alors monté un consortium de 15 laboratoires et
sociétés de biotechnologie européens et demandé un financement à la communauté
européenne pour :
a) poursuivre nos travaux
fondamentaux sur les cellules olfactives
b) mener un nouvel essai clinique. Nous avions
demandé 12 millions d'euros, dont 1 million consacré à l'essai clinique.
Malheureusement, notre demande n'a pas été retenue. Cela ne nous empêche
toutefois pas de continuer à mener nos recherches. Nous étudions actuellement
un mode de greffe moins invasif: les cellules olfactives sont implantées soit
dans la circulation sanguine soit dans le liquide céphalo-rachidien (on procède
comme pour les péridurales). Ce travail est en cours d'évaluation et nous
n'avons pas encore de données publiables.
Je voudrais également préciser que
John Bianco, financé par Demain Debout, est maintenant embauché par un Institut
de recherches à Cologne (Allemagne) et qu'il envisage de mener un essai
clinique chez des patients paraplégiques en utilisant soit des cellules souches
issues du tissu adipeux soit une molécule brevetée par des membres de
l'Institut. John m'a demandé de l'assister dans ce travail et j'espère pouvoir
l'aider à mener à bien cet essai clinique. Nous devrions nous rencontrer à
l’automne prochain à ce sujet.
II-. La vitamine D.
Nous sommes toujours persuadés qu'il s'agit
d'une très bonne molécule neuroprotectrice et neuroréparatrice. Grâce à l'aide
de Demain Debout, nous avons été les premiers à démontrer l'intérêt de cette
molécule dans la réparation nerveuse (travail publié dans Journal of
Neurotrauma). Nous avons poursuivi ce travail chez des rats paraplégiques. Les
résultats sont également prometteurs et nous sommes en train de rédiger un
nouvel article que nous allons soumettre prochainement au même journal. Par
ailleurs, je viens d'accueillir dans l'équipe un étudiant en thèse qui va évaluer
l'intérêt de combiner vitamine D et thérapie cellulaire.

LES EQUIPES du Dr Patrick DECHERCHI et du Pr François FERON
Pr François FERON:Institut Fédératif de Recherche Jean ROCHE - Université de la Méditerranée, Marseille
Dr
Patrick DECHERCHI: Institut Fédératif
de Recherche Etienne-Jules MAREY -
Université de la Méditerranée, Marseille
Demain Debout a financé une partie des travaux de ces 2 laboratoires marseillais spécialisés dans la réparation de la moelle épinière.Projet sur 3 ans: septembre 2005 à septembre 2008
Les équipes de P.Decherchi et de F.Féron ont mis en commun leur expertise pour évaluer l’efficacité thérapeutique de 2 molécules possèdant déjà un autorisation de mise sur le marché pour d’autres indications et qui pourraient jouer à la fois un rôle de
neuroprotection (limitation de la dégénérescence axonale) et un rôle de neuroréparation (accroissement de la repousse axonale).
La première molécule testée est un immunosuppresseur :
« Tacrolimus »
commercialisé sous le nom de « Prograf »
utilisé chez les patients
ayant bénéficié d’une greffe
d’organes.
Ces
2 équipes confirment que le Tacrolimus
accroît
la repousse des axones après une section nerveuse.
Il est
envisagé de lancer un essai clinique multicentrique basé
sur l’administration de cette molécule, juste après
la survenue du traumatisme médullaire et pendant une
durée
de 3 mois.
La seconde molécule est un neurostéroïde dont le nom est pour l’instant gardé secret :
Elle
a pour avantage d’agir de manière similaire au Tacrolimus tout en provoquant moins
d’effets secondaires.
Elle pourrait
améliorer sensiblement la régénération
des fibres de la moelle épinière après une
compression au niveau thoracique (T10). D’autres études
(toxicité, mode d’administration…) sont
nécessaires
avant d’envisager un essai clinique.
Marseille,
le 4 août 2006
Ces 2 équipes possèdent le savoir faire pour:
- prélever, cultiver, purifier les cellules engainantes olfactives
- quantifier la récupération fonctionnelle de la locomotion
- pratiquer une étude immuno-histologique
approfondie.
La réussite de ce projet est en partie
liée à l’embauche du DR John Ivan BIANCO, expert
dans le modèle rat de tétraplégie
et la greffe de
cellules olfactives nasales dans la moelle épinière.
Un essai de phase II
est envisagé avec des greffes autologues de cellules olfactives
engainantes (en Australie et en Europe:
à Marseille et à Caen)
D’autres interventions seront
nécessaires : traitement par immuno
modulateur et exercices musculaires. Ces expériences se
poursuivent actuellement sur des rats ayant subi une compression en T12.
Les capacités de régénération des fibres nerveuses centrales ne dépendent pas des propriétés intrinsèques des neurones concernés mais de leur environnement neuroglial (tissu de soutien et nutritif). En effet, contrairement au Système Nerveux Périphérique dont l'environnement neuroglial (cellules de Schwann) est permissif d'une repousse axonale et où l'on peut observer une régénération des voies nerveuses interrompues vers leurs cibles d'origine (muscles), l'environnement neuroglial (astrocytes et oligodendrocytes) du SNC n'est pas permissif d'une telle repousse axonale : les facteurs inhibiteurs libérés par ce tissu neuroglial empêche le retour des fibres nerveuses vers leurs cibles d’origine.
Cependant, en modifiant (par des greffes de cellules engainantes olfactives:COE), chez l'animal de laboratoire, l’environnement neuroglial du SNC, il est possible d'observer une régénération des fibres nerveuses centrales qui dans des conditions normales ne repoussent pas. En effet, ces fibres nerveuses centrales sont capables de repousser vers leur cible d’origine et de reformer des contacts synaptiques (points de communication).
En effet, chez l’animal, la greffe de CEO au niveau des faisceaux
spinaux hémilésés, impliqués
dans les fonctions respiratoire et motrice, permet de restaurer des
fonctions perdues à la suite de
la lésion. Ainsi, les activités respiratoires rythmiques
de l'hémidiaphragme (principal
muscle inspiratoire) paralysé et les activités motrices
des pattes supérieures ont été rétablies
suite à la transplantation de ces COE. Ces cellules greffées vont non
seulement migrer dans la structure centrale intacte au dessus et au dessous de la lésion (colonisation du tissu
intact), mais vont également protéger les axones
régénérant des facteurs inhibiteurs
libérés par la neuroglie de
la structure centrale mature et intacte. En quelque sorte, les CEO vont servir de
« bouclier » aux fibres nerveuses
régénérant jusqu'à leurs cibles d'origine.
Il faut signaler que des essaies cliniques, utilisant cette stratégie de transplantation de cellules olfactives sont actuellement en cours en Australie (équipe du Dr Allan MacKay-Sim), au Portugal (équipe du Dr Carlos Limas) et en Chine (équipe du Dr Hongyun Huang). Les patients (monoplégiques, diplégiques, hémiplégiques, paraplégiques et tétraplégiques) ont reçu une greffe de CEO provenant de leur propre muqueuse olfactive ou du bulbe olfactif de fœtus avortés. Les techniques de transplantation qui ont été utilisées sont légèrement différentes de celles utilisées chez l’animal. A ce jour, nous ne connaissons que partiellement les résultats de ces essais. L’équipe portugaise rapporta des améliorations sensori-motrices chez des patients greffés. Les résultats de l’équipe chinoise sont flous et très controversés. Les résultats de l’équipe australienne ne seront connus qu’en 2007.
Grâce à un processus de neurogenèse permanente,
de nouveaux neurones sont crées tous les jours. Lors de leur
maturation,
les neurones en voie de formation émettent un
axone qui va rejoindre sa cible, le bulbe olfactif.
Durant sa
migration, l’axone est nourri et guidé par des
cellules gliales, appelées cellules engainantes olfactives.
Ces dernières
possèdent donc des propriétés
neurotrophiques tout à fait exceptionnelles qui en font des
candidats de premier choix pour
favoriser la repousse des axones
endommagés.
Depuis les
années 90, de très nombreux travaux ont apporté
la preuve de l’efficacité thérapeutique des
COE dans des modèles
animaux de traumatisme
médullaire. Puisque les cellules engainantes nasales peuvent
être prélevées sous anesthésie locale
chez
chaque individu, il est possible de pratiquer des greffes autologues
de cellules olfactives.
Cela
a conduit une équipe
franco-australienne à
conduire en Australie le premier essai clinique de phase I, en simple
aveugle,
au cours duquel ont été testées la
sécurité et la faisabilité de greffe autologue
de cellules engainantes dans la moelle épinière
de 3
patients paraplégiques.
La
culture de cellules engainantes nasales requiert tout d’abord
l’intervention d’un chirurgien ORL qui excise une biopsie
de
muqueuse olfactive d’environ 2 mm2.
Celle-ci est ensuite confiée à un chercheur qui
dissocie le tissu à l’aide d’une enzyme puis
purifie
les
cellules engainantes avec un milieu de culture contenant un facteur
de croissance spécifique. Au bout de 2 à 3
semaines, on obtient de 20 à 80 millions de cellules
engainantes. Ces dernières sont enfin amenées dans la
salle d’
opération où un neurochirurgien les
implante
dans la zone lésée de la moelle épinière.
Les participants étaient âgés de 18 à 55 ans et souffraient d’une lésion thoracique complète vieille de plus de 6 mois.
L’essai incluait également un
groupe contrôle de 3 patients paraplégiques, ce qui a
permis de faire en sorte que les évaluations
se fassent bien
en aveugle. Chaque patient, greffé ou contrôle, a
été
évalué tous les six mois, pendant trois ans, à
l’aide des tests
ASIA, FIM, de mesures de potentiels
évoqués,
d’images IRM et d’une batterie de test médicaux,
neurologiques et psychosociaux.
L’essai
clinique a été clos le 11 juillet 2007. Les premiers
résultats indiquent que, 3 ans après la greffe, ni
syrinx,
ni cyste, ni tumeur, ni douleur, ni détérioration
neurologique, ni perte d’odorat ne sont observés.
On peut
en
conclure que la greffe de cellules engainantes nasales est une
procédure fiable et non pathogène.
Cela ouvre la voie à d’éventuels essais cliniques de phase II basés sur des cohortes plus importantes de patients.
Par ailleurs, le dépouillement des données recueillies au cours de l’essai de phase I se poursuit.
Ses auteurs recherchent désormais les bénéfices thérapeutiques qui pourraient être attribués à la thérapie cellulaire.
Pour plus de détails sur la procédure, il est possible de consulter l’article suivant :
Féron F, Perry C, Cochrane J, Licina P, Nowitzke A, Urquhart S, Geraghty T, Mackay-Sim A. Autologous olfactory ensheathing cell transplantation in human spinal cord injury. Brain. 2005 Dec;128(Pt 12):2951-60

Falgairolle M, De Seze
M, Juvin L, Morin D & Cazalets JR (2007) Coordinated network
functioning in the spinal cord: an evolutionary perspective. Journal
of Physiology (
Eldridge FL, Morin D, Romaniuk JR, Yamashiro
S, Potts JT, Ichiyama RM,
Bell H, Phillipson EA, Killian KJ, Jones
NL & Nattie E (2006) Supraspinal locomotor
centers do/do not contribute significantly
to the hyperpnea of dynamic exercise in
humans. Journal of Applied Physiology 100: 1743-1747. (Invited
article)
Morin D & Viala D (2002) Co-ordinations of locomotor and respiratory rhythms in vitro are
critically dependent on hindlimb sensory
inputs. Journal of Neuroscience 22
(11): 4756-4765.
Ballion B, Morin D & Viala D (2001) Forelimb locomotor
generators and quadrupedal locomotion in
the neonatal rat. European Journal of Neuroscience 14 (10):
1727-1738.
Branchereau P§, Morin D§,
Bonnot A, Ballion
B, Chapron J & Viala
D (2000) Development of lumbar rhythmic networks: from embryonic to
neonate locomotor-like patterns in the
mouse. Brain Research Bulletin 53 (5) :
711-718. ( § premiers auteurs associés)
Morin D, Bonnot
A, Ballion B & Viala
D (2000) a1-Adrenergic
receptor-induced slow rhythmicity in nonrespiratory motoneurons
of neonatal rat spinal cord. European Journal of Neuroscience 12: 2950-2966.
* soutenues par "Demain Debout"

OBJET DE LA THESE D’AURORE GIRAUDIN
Maître de recherche :Didier Morin - Université Victor Ségalen-Bordeaux 2
soutenance de thèse le 12 décembre 2008 (mention très honorable et félicitations du jury)

Une communication scientifique a été présentée à Vienne, en 2006, au congrès international des neurosciences européennes, suivie d’un premier article.
La moelle épinière est une partie du système nerveux central contenue dans la colonne vertébrale qui concentre les voies de commande nécessaires à un grand nombre de fonctions motrices telles que la respiration, la locomotion, ou encore la digestion, par exemple.Elle est en effet le point de départ de la majorité des nerfs qui innervent le corps (cf. schéma ci-contre). Avec 40 000 tétraplégiques et paraplégiques en France et 2000 nouveaux cas par an, les lésions de la moelle épinière constituent un problème de santé publique majeur.

En effet, une lésion de la moelle épinière entraîne une déconnexion de la partie caudale à la lésion qui, ne recevant plus de commande en provenance du cerveau ou de la moelle épinière rostrale à la lésion, devient silencieuse (cf. schéma ci-contre).
Une grande partie de la moelle épinière ne fonctionnant plus normalement, des handicaps multi systémiques sont générés.
Beaucoup d'efforts sont actuellement réalisés afin de développer des techniques de réparation du tissu médullaire.
La principale difficulté rencontrée pour la réparation du tissu médullaire réside en la formation d'une cicatrice au sein de la moelle épinière au niveau de la lésion qui représente un obstacle physique à la régénérescence neuronale.
Un grand nombre d'études visent donc à inhiber la formation de cette cicatrice par traitement pharmacologique ou à contourner cette barrière par greffe de cellules, sans moyen de contrôler la reconnection des bonnes cibles neuronales.
Au sein de notre laboratoire, nous nous intéressons au fonctionnement de deux fonctions motrices et à leurs interactions : d'une part la respiration, fonction dont les protagonistes sont largement distribués le long de l'axe spinal et d'autre part, la locomotion dont les éléments neuronaux sont concentrés dans la partie lombaire de la moelle épinière.
Au cours de l'étude de ses systèmes, nous avons mis en évidence que des protagonistes impliqués dans la locomotion agissent également sur les motoneurones respiratoires.
Dans le cadre de la réhabilitation des fonctions spinales, l'originalité de notre projet réside dans le fait que nous proposons d’activer les réseaux de neurones spinaux toujours présents dans la moelle épinière sous-lésionnelle (mais silencieux suite à la lésion) afin d’augmenter l'excitabilité des systèmes déprimés dans ces conditions.
Nous contournons ainsi le problème de la reconnexion avec les bonnes cibles puisque nous utilisons les connexions intrinsèques à la moelle pour tenter de réactiver des éléments nerveux déprimés des suites de la lésion spinale.
Notamment, nous focalisons notre étude sur les interactions existantes entre les retours sensoriels d’origine musculaire et les motoneurones respiratoires, interactions impliquées dans le couplage que l'on observe entre la locomotion et la respiration au cours d'un exercice.
Jusqu'à présent, nous avons pu mettre en évidence que les afférences sensorielles en provenance des muscles des membres postérieurs et antérieurs sont capables d'influencer l'activité respiratoire par une double action sur les centres respiratoires et sur les motoneurones commandant la contraction du diaphragme. Nous avons également développé un protocole qui nous permet de mimer une lésion de la moelle épinière et qui nous servira à caractériser l'impact de ces afférences sensorielles sur l'excitabilité des motoneurones intercostaux et abdominaux dans un contexte lésionnel. Par stimulation appropriée de ces retours sensoriels musculaires, nous tentons de restaurer une activité suffisante dans ces motoneurones pour à terme permettre de rétablir même partiellement une respiration efficace.
Soutenance
de thèse / LAURENT JUVIN/
Lundi 11 Décembre 06
Laurent a obtenu le titre de docteur es sciences avec la mention
très bien
LAURENT JUVIN
a préparé sa
thèse sous la direction de DIDIER MORIN,
Laboratoire UMR 5543 "Physiologie et
physiopathologie du mouvement" de Bernard Bioulac
Institut des Neurosciences de Bordeaux, Université Bordeaux 2.
Titre : "Adaptabilité
fonctionnelle des actes moteurs : coordinations propriospinales
et ajustements des réseaux locomoteurs centraux par le
traitement des informations sensorielles."
Résumé :
Se
nourrir, se reproduire, fuir un danger, explorer son environnement,
sont autant de comportements qui nécessitent le
déplacement de l'animal.
Ainsi,
la locomotion apparaît comme un système moteur crucial et
vital à la survie d'une espèce et requiert la production
de mouvements hautement adaptés afin de satisfaire la
réalisation de tous ces comportements. Toute atteinte de la
fonction locomotrice entraînera donc une perturbation multi
systémique plus ou moins prononcée.
Afin
de comprendre pourquoi et comment un organe ne fonctionne plus, il est
nécessaire au préalable de connaître son
fonctionnement dans les conditions normales. Au cours de mon travail
doctoral, j'ai donc développé chez le rat
nouveau-né un modèle expérimental de moelle
épinière isolée in vitro qui, compte tenu de son
accessibilité directe, nous permet d'étudier de
façon précise les mécanismes intimes du
fonctionnement du système nerveux par une approche
combinée électrophysiologique,
pharmacologique et lésionnelle. Dans le cadre des études
sur la neurobiologie des réseaux, ma problématique de
recherche a été plus particulièrement
focalisée sur les mécanismes cellulaires et synaptiques
impliqués dans les coordinations motrices produites par
différents générateurs de rythmes locomoteurs. Au
final et de façon plutôt inattendue, les coordinations
locomotrices nécessiteraient en particulier un flux
d'informations dans le sens caudo-rostral
entre les différents réseaux neuronaux spinaux

PROFESSEUR ANNIE MEINIEL
INSERM UMR 384 - Faculté de médecine de Clermont-Ferrand.
DEVELOPPEMENT ET REGENERATION DANS LE SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
RÔLE DE LA SCO-SPONDINE
De nombreuses voies de recherche sont actuellement explorées pour répondre aux problèmes cruciaux de la réparation neuronale dans des domaines divers concernant les maladies neurodégénératives ou le remodelage de tissus lésionnels.
Notre projet concerne plus particulièrement l'intérêt potentiel d'une nouvelle molécule développementale dans les processus de neuroprotection ou/et neurorégénérescence.
Nous avons identifié une nouvelle protéine, appelée SCO-spondine du fait de ses homologies avec les protéines de la superfamille des thrombospondines (présence de motifs TSRs) et sa forte expression dans l'organe sous-commissural (SCO).
Dans le système nerveux, les motifs TSRs ont été définis comme des éléments importants pour l'adhésivité cellulaire et la pousse neuritique.
Nous avons développé des modèles de cultures cellulaires neuronales qui servent de "bioassays" pour tester l'activité de la SCO-spondine ou de certains de ses domaines sur la survie et le développement neuronal. Nous avons ainsi montré que des oligopeptides dérivés de la SCO-spondine sont capables de favoriser la pousse neuritique et de moduler l’agrégation cellulaire. Cette nouvelle protéine pourrait participer au phénomène de guidage de certains axones commissuraux, au cours du développement.
Notre projet comporte 3 volets :
1/ poursuivre l’analyse du rôle de cette protéine chez l’animal en analysant les répercussions de son inactivation sur le développement du système nerveux central, en particulier lors d’hydrocéphalies congénitales.
2/ étudier les potentialités de cette protéine pour la réparation neuronale lors de traumatismes (en particulier ceux de la moelle épinière) et pour la protection neuronale lors de pathologies neurodégénératives (comme la maladie de Parkinson).
3/ identifier les mécanismes moléculaires de la réponse neuronale à la SCO-spondine et ses dérivés
L’étude des potentialités réparatrices de la SCO-spondine dans des processus de neurorégénération fait l’objet de collaborations avec plusieurs équipes de l'IFR "Santé Auvergne" (axe Neurosciences) qui disposent de modèles animaux de neuropathies dégénératives.
Nos modèles de culture et certains dérivés de la SCO-spondine sont actuellement développés par une jeune entreprise du biopôle Clermont-Limagne, la société Neuronax. Nos modèles cellulaires sont également mis à disposition d’autres équipes de l’axe Neurosciences de l’IFR "Santé Auvergne" afin de tester diverses molécules neuroactives dans le cadre d’une plate-forme de culture et imagerie cellulaire. Enfin, le potentiel neuroréparateur de la SCO-spondine sera également testé chez l’animal, en analysant le phénomène de repousse axonal au niveau du nerf olfactif sous l’influence de certains dérivés de la SCO-spondine (collaboration avec M.O. Jauberteau, Limoges)
ANNIE MEINIEL répond à nos questions…..
A notre avis, la progression des connaissances sur des molécules, qui au moment du développement sont capitales dans la mise en place du système nerveux, pourrait apporter des solutions pour sa réparation. Dans notre équipe de recherche, nous avons caractérisé une nouvelle protéine développementale, la SCO-spondine et sur des cultures de cellules nerveuses nous avons montré que cette protéine favorisait la survie des cellules nerveuses et la pousse deleur prolongements.
Y-a-t-il déjà des exemples d’utilisation de telles molécules en thérapeutique humaine ?
La découverte des facteurs de croissance (IGF, NGF etc) fut un réel espoir, mais leur utilisation thérapeutique s’est avérée délicate. Il est nécessaire de rechercher d’autres familles de molécules et celle que nous étudions pourrait être plus facile d’utilisation.
Quel est l’objectif de vos recherches actuelles ?
Notre objectif est la
compréhension des mécanismes qui conduisent à la
survie et au développement des neurones. Ceci est
indispensable pour avoir une approche thérapeutique
appropriée
lors de phénomènes de
neurodégénérescence,
liés à des maladies ou à des traumatismes,
c’est
à dire avoir plusieurs stratégies ou une combinaison de
stratégies pour intervenir sur la réparation neuronale.
DIRECTEUR DE RECHERCHE : PROFESSEUR Annie MEINIEL
INSERM UMR 384 , Université d’Auvergne, Clermont-FerrandSoutenance
de thèse le 24 janvier 2007 (mention très honorable)
Dans le cerveau, il existe, chez tous les
vertébrés, un organe sous commissural (SCO) constitué de cellules
secrétant des glycoprotéines lesquelles
s’agrègent pour former la fibre de Reissner.
Cette fibre se retrouve tout le long de la
moelle épinière : la SCO
spondine (TSR)
est la principale glycoprotéine constituant la fibre de Reissner, elle intervient dans le guidage des
axones au cours du développement des neurones. En visualisant
les cellules traitées par le peptide TSR
avec un microscope électronique à balayage, on constate
une augmentation de la longueur et du nombre de neurites
et la formation de synapses (contact entre 2 neurones).
En
collaboration avec l’entreprise Haploys,
elle étudie les variations de certains gènes
impliqués dans des processus variant suite à un
traitement avec le peptide TSR. Les effets
in vivo sont testés par Nathalie sur des poussins. La
compréhension des mécanismes qui mènent aux
phénomènes de différenciation morphologique, de
pousse de neurites puis
d’agrégation cellulaire permettra d’utiliser le
peptide TSR en thérapeutique.
Elle a présenté ses
travaux sous forme de poster au "VIII European Glial Cells
meeting" qui a lieu à l’ImperialCollege de Londres (4 au 8 Septembre 2007).
Site Internet
du congrès : http://www.euroglialcell.org
INTRODUCTION
La SCO-spondine est une glycoprotéine sécrétée par l’organe sous-commissural dans le liquide céphalorachidien (Fig.1) et donne maissance à la Fibre de Reissner. Un peptide a été dérivé de la partie la plus conservée des motifs Thrombospondin type 1 repeats (TSR) de la SCO-spondine. Ce peptide induit une pousse neuritique aussi bien dans des cultures primaires de neurones corticaux de poulet que dans des cultures de la lignée cellulaire B104 dérivée d’un neuroblastome (Fig. 2).






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